Modèle économique instable et coûts excessifs pour les établissements, offre confuse, usagers hésitants : l’usage des ressources en ligne peine à décoller.
Un des enseignements de l’expérimentation ENS reste sûrement d’actualité : le recours aux ressources transversales, qu’il s’agisse d’encyclopédies, de dictionnaire de tous types, et à des ressources non didactisées (presse, INSEE, INA...) est très apprécié et largement développé.
Le « manuel électronique » reste pour l’instant marginal, face à des publics extrêmes :
- d’une part les praticiens courants des TICE qui estiment en général qu’ils n’ont pas besoin de « prêt à enseigner ». Familiers des outils en ligne et en particulier d’Internet, ils ont une forte culture de recherche documentaire, ont appris à piocher leurs sources par eux-mêmes et à créer eux-mêmes des ensembles didactiques. D’où entre autres le succès de sites comme l’INSEE ou de l’INA
- d’autre part le « grand public », majorité d’enseignants se mettant progressivement aux TICE (les fameux 50%) insuffisamment familiarisés pour se plonger dans l’usage d’outils qui leur paraissent encore trop complexes.
Les manuels électroniques ont certes fait des progrès très importants, par rapport aux premières versions (qui n’étaient trop souvent qu’un simple fac-similé numérique des manuels papiers). Il reste cependant de nombreux problèmes d’ordre technique et juridique à lever ("lieu" de stockage et propriété des cours produits par un enseignant, par exemple).
Force est de constater que pour l’instant ils ne suscitent pas l’appétit des enseignants et qu’il faudra sans doute des années et de nouvelles avancées pour qu’ils soient utilisés de façon significative.