Lors de l’expérimentation de l’Espace Numérique des Savoirs (ENS) en 2003-2004 les contenus étaient principalement transversaux (encyclopédies, dictionnaires) ou bien constitués de données non « didactisées » (site de l’INSEE, de l’INA...). .
Les retours des utilisateurs reproduits ci-dessous se limitent aux aspects significatifs, faisant abstraction des éléments liés au contexte technique d’une expérimentation et à ses inévitables problèmes de démarrage.
Les points positifs :
- les utilisateurs ont apprécié le principe du portail unique, sans identification
- ils ont également plébiscité le fait de pouvoir enfin travailler dans la légalité (même si le financement direct par le ministère des ressources leur donnait l’impression trompeuse que c’était « gratuit »)
- ils ont souligné l’intérêt des ressources offertes
Les points négatifs
- le nombre de ressources disponibles était relativement restreint,
- l’ENS n’était accessible que depuis l’établissement (puisque c’est son adresse IP qui vérifiait la légitimité de la demande). Il était donc impossible à un enseignant de préparer à domicile des cours s’appuyant sur les ressources de l’ENS
Les usages
- Une des constatations principales était que l’accès à la presse nationale et à ses archives avait été plébiscité par les professeurs de lycée ; il représentait 17% des usages déclarés à ce niveau d’enseignement, pratiquement à égalité avec l’encyclopédie Universalis (18% des usages). Ce fut la première ressource utilisée en ligne avec les élèves (18% des utilisations en ligne).
Les archives de la presse étaient mentionnées dans 26% des scénarios pédagogiques proposés. L’utilisation de la presse était souvent subordonnée à l’éducation aux médias.
- Venait ensuite la recherche d’information pour l’ECJS, puis quelques modules d’initiation à la recherche documentaire.
- Une autre constatation était que le lieu favori d’utilisation de ces ressources, en dehors de la préparation des cours par les enseignants, était le CDI.
Le document d’évaluation spécifique adressé aux documentalistes relevait en particulier :
- le rôle moteur des nouveaux dispositifs pédagogiques : ils ont suscité la plus forte utilisation. En effet, 98% des documentalistes de collège ayant répondu à cette question ont déclaré une utilisation dans le cadre des itinéraires de découverte, 82% des documentalistes de lycée ont mentionné les travaux personnels encadrés ou les projets personnels à caractère professionnel.
- le travail dans le cadre disciplinaire, également important : environ 75% des documentalistes ont organisé des recherches pour répondre à ces demandes, en particulier les travaux d’élèves pour l’ECJS, les recherches documentaires pour des exposés et des recherches individuelles.
- l’utilisation dans le cadre des dispositifs transversaux ouvre sur des champs très variés. La discipline la plus citée était l’ECJS, venaient ensuite les disciplines ou thèmes d’étude littéraires, historiques et artistiques. Mais les thèmes scientifiques étaient également bien présents. Arrivaient enfin les thèmes géographiques, juridiques et économiques.
Cela orientait bien sûr les consultations de contenus. La diversité des thèmes transversaux appelle la consultation des encyclopédies, tout comme les thèmes scientifiques qui ne bénéficient pas d’autres ressources. L’ECJS qui s’appuie sur le traitement de phénomènes contemporains, appelle une consultation importante de la presse, tout comme les STT et les SES (la semaine de la presse était citée de nombreuses fois). Enfin il semble que l’histoire, les lettres et les arts s’appuyaient plus volontiers sur les ressources spécifiques mises à leur disposition (Louvre-edu, Basile, Balises de la mémoire).
- De nombreux documentalistes ont mentionné tout simplement que l’ENS était utilisé pour toutes les recherches d’information.