| Préambule de Jean-Pierre Grosset-Bourbange et Dominique Willé, IA-IPR de Lettres | ||||||
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Étoile « Je suis ce qui renaît quand un monde est détruit » Les Châtiments ; Stella Le bleu de l’azur nous conduit assez naturellement, en cette rentrée 2010, aux constellations, du jour radieux à la nuit, de la lumière à l’obscurité, grand manteau troué, parsemé de taches éclatantes, que scrutent et observent, quand le jour a décru, nos yeux avides et interrogateurs. « Les astres émaillaient le ciel profond et sombre » La Légende des siècles ; Booz endormi
Ce sont les étoiles originelles, accrochées au firmament, qui signifient l’heure crépusculaire et nocturne, sœurs de la lune, ou filantes, qui pour compenser nos regrets, nous invitent à formuler des vœux prophétiques.
Mais il est des étoiles singulières, car antiques, appelées Bételgeuse ou Sirius, Vénus ou Véga. Il en est certaines, fraternelles, qui guident les marins dans leur course lointaine, d’autres encore, ornements de nos drapeaux, qui appellent à l’unité et à l’amitié. Et pourtant il y eut l’étoile jaune, « C’était une de celle-ci, par un clair matin de juin, qui s’avançait vers moi. Comme toujours, je rougis (je n’ai jamais pu en croiser une, pas une fois, sans rougir). Et déjà je détournais la tête, avec cette lâcheté misérable qui m’empêche toujours de lancer dans un regard le message de fraternité qui, seul, pourrait atténuer mon humiliation... » écrit l’écrivain et résistant Vercors dans La Marche à l’étoile, publié clandestinement en 1943. C’est la star de nos écrans qui cristallise désirs et fantasmes, nous console et nous venge de n’être que les acteurs solitaires du théâtre de nos vies. C’est l’étoile magique, éclairant les bergers et guidant de sages astronomes vers l’étable où les attendait l’enfant divin. C’est l’étoile matutinale, stella maris, qu’invoquent les litanies que l’on chante pour la Vierge, C’est l’étoile idéale, sœur de la femme aimée, au loin, inaccessible, aux couleurs du rêve. Étoile atrabilaire, celle du manque et de l’absence : « Ma seule étoile est morte, - et mon luth constellé Porte le soleil noir de la Mélancolie. » Les chimères, Gérard de Nerval Il est des étoiles familières, enfin, si proches : « comme nous, vous vous levez et vous couchez ; vous êtes du soir ou du matin, vous assistez le voyageur qui loge à votre enseigne ».
Étoiles.
Elles sont si lointaines mais
semblent si proches, si brillantes quand elles sont déjà éteintes ; mais y
croit-on vraiment ? Elles scintillent, poudroient en d’étonnantes
phosphorescences. « Le ciel roule toujours les feux imaginaires de leurs astres éteints ». Nous vous invitons, en suivant la bonne étoile, à participer à ce Printemps de l’écriture 2011 et à retrouver la « faucille d’or dans le champ des étoiles ».
Jean Pierre Grosset Dominique Willé IA – IPR de Lettres |
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